Les nordicyclistes cherchent un réseau blanc

La bande cyclable de la Pente-Douce n’est toujours pas déneigée en hiver.

Alors qu’à Montréal, le vélo d’hiver est passé dans les mœurs, la Vieille-Capitale est plus frileuse à reconnaître le phénomène.

Les « nordicyclistes » sont pourtant de plus en plus nombreux à rouler dans ses rues enneigées. Seulement, il faut une bonne dose de courage pour s’aventurer dans le trafic lorsque la ville est couverte d’un blanc manteau et que les pistes cyclables sont impraticables.

Ceux qui transitent entre Limoilou et l’Université Laval le savent comme moi. Sortir du quartier est beaucoup plus facile en été qu’en hiver. Pendant la belle saison, on emprunte le parc linéaire de la rivière St-Charles, ce qui permet de relier n’importe quel point de la ville dans un décor champêtre. Surtout, la piste passe sous l’autoroute Laurentienne, qu’on franchit sans même s’en rendre compte.

Pendant la saison froide, c’est une autre paire de manches. Comme les pistes du parc linéaire ne sont pas entretenues pour les vélos, on doit trouver une autre façon de traverser la rivière, puis l’autoroute. Il n’y a pas beaucoup d’options. Si vous aimez les détours, vous pouvez traverser le pont Dorchester, puis vous engager dans St-Roch (et son méandre de sens uniques).

Si vous êtes pressé, vous pouvez prendre le pont Drouin, puis traverser les 8 voies de l’autoroute Laurentienne à l’intersection de la rue de la Croix-Rouge. À moins que vous ne préfériez emprunter la passerelle qui l’enjambe jusqu’au parc Victoria dont certains sentiers sont déneigés. Quelle que soit votre option, vous devrez traverser le centre-ville, ce qui n’est pas nécessairement votre souhait.

Ailleurs dans la capitale

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la demande pour un réseau blanc n’émane pas seulement des quartiers centraux. Un citoyen vient d’ailleurs d’interpeler l’arrondissement Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge au sujet du déneigement (ou plutôt du non-déneigement) du lien cyclable entre l’avenue Watt et le boulevard du Versant Nord (voir cette carte).

On lui a répondu que ce passage n’est pas assez fréquenté et suggéré d’emprunter un détour périlleux. Ce n’est pourtant pas une question de volume. C’est une question d’accessibilité et de sécurité. Ce passage est à peu près le seul moyen d’atteindre, autrement qu’en voiture, un parc industriel coincé entre 3 autoroutes et une voie ferrée. En l’absence de déneigement, il faut escalader un banc de neige pour passer… Juste ça !

Des initiatives timides mais appréciées

Il faut toutefois reconnaître qu’au cours des dernières années, quelques initiatives ont vu le jour. Le déneigement du véloboulevard Père-Marquette (ci-contre) illustre bien la volonté de la municipalité de faire de la place au vélo 4 saisons.

Dans Maizerets, le conseil de quartier et la conseillère municipale Geneviève Hamelin ont relayé la demande d’un citoyen visant le déneigement du segment de la Route verte qui, en passant sous l’autoroute Dufferin-Montmorency, permet de traverser la gare de triage. Un projet pilote a même été lancé. Malheureusement, un segment de piste se serait affaissé sous le poids de la machinerie, ce qui aurait forcé la ville à faire marche arrière en attendant, espère-t-on, l’acquisition d’équipements plus légers pour déblayer ou damer la neige.

Le déneigement de Père-Marquette est aussi apprécié des piétons que des cyclistes.

Le déneigement du véloboulevard Père-Marquette est aussi apprécié des promeneurs que des cyclistes.

Il faudra sans doute attendre la révision du Plan directeur du réseau cyclable (PDRC) pour que Québec se dote d’un véritable réseau blanc. Entre temps, ceux qui souhaitent s’initier au vélo d’hiver peuvent le faire en prenant part aux randonnées hebdomadaires organisées par le groupe Facebook La Randonnée 2 roues, 4 saisons. Pour échanger des trucs et des conseils, vous pouvez également joindre le groupe L’hiver à vélo, à Québec. Enfin, les ateliers communautaires VéloCentrix (à Limoilou) et la Coop Roue-Libre (à l’Université Laval) peuvent vous aider à mettre au point votre vélo pour affronter les rigueurs de l’hiver.

2 réflexions sur “Les nordicyclistes cherchent un réseau blanc

  1. Vélo en hiver : L’ai déjà essayé mais j’ai dû abandonner. Le trajet que j’empruntais pour aller au bureau avait des bandes cyclables « avec marquage au sol » (ex : St-Paul, Père Lelièvre, de Neuvialle) qui n’étaient pas déblayées, ou alors de façon très irrégulière. La gratte poussait la neige dans la bande cyclabe; ça gelait là, et une fois gelé, impossible d’y passer en vélo (même avec mes pneux à clous), il fallait être dans l’espace dédié aux autos. C’était inconfortable, autant pour moi que pour les automobilistes qui devaient me contourner sans cesse. Ce n’est pas le froid qui m’a arrêté, mais bien l’obligation de me retrouver « dans le chemin » où étaient les voitures. Dommage, c’était trippant de pédaler en hiver !

    • En effet, ça peut être très long de trouver un chemin sécuritaire, surtout que les corridors cyclables qu’on utilise en été ne sont pas déneigés, à l’exception du vélo-boulevard.

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