Montréal ne lésine pas sur les bollards

La bande cyclable est clairement délimitée devant l’école primaire Marie-Favery, à Montréal.

Alors qu’à Québec, on considère que l’installation de bollards aux intersections des bandes cyclables pourrait causer des accrochages (j’en parlais ici et ), la Ville de Montréal tient ses automobilistes en plus haute estime.

Dans la métropole, on n’hésite pas à poser des délinéateurs ou d’autres obstacles (comme des supports à BIXI) aux intersections, quitte à forcer les voitures à négocier des virages un peu plus serrés.

Voici quelques exemples de bollards installés aux intersections et devant une école primaire le long de la bande cyclable de la rue Boyer, dans Villeray, qui, tout comme celle de la 8e Avenue, à Limoilou, est bidirectionnelle :

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À l’instar des sas vélo (dont on parlait récemment dans Le Devoir), l’installation de bollards aux intersections réduit le potentiel de conflits en transformant la bande cyclable en refuge pour les cyclistes et les piétons. Car en l’absence de barrières physiques, certains automobilistes n’hésitent pas à utiliser la voie cyclable comme voie de dépassement ou comme stationnement temporaire, particulièrement devant les écoles où les voitures font le va-et-vient pour prendre ou déposer leur enfant.

Va-et-vient devant les écoles

Devant l’école primaire Marie-Favery, dans Villeray, on a réglé le problème en posant des bollards à tous les deux mètres. On a même installé une clôture face à la rue du Rosaire, qui débouche sur l’entrée de la cour. Ce faisant, on préconise la sécurité des vélos à la vitesse des voitures, quitte à contraindre les parents à déposer leurs marmots un peu plus loin.

Sur la 8e Avenue, à Limoilou, on a fait le choix contraire. Non seulement les bollards y sont-ils espacés de 21 mètres en moyenne, mais ils le sont encore plus devant les écoles ! L’article 386 du Code de la sécurité routière est pourtant explicite :

Sauf en cas de nécessité où lorsqu’une autre disposition du présent code le permet, nul ne peut immobiliser un véhicule routier […] sur une voie de circulation réservée exclusivement à certains véhicules

Alors pourquoi la Ville de Québec encourage-t-elle l’empiétage en distançant les bollards devant les lieux d’enseignement ? La solution est pourtant sous nos yeux.