7 façons de monter en ville à vélo

Escalier du Faubourg

L’escalier du Faubourg, entre St-Roch et St-Jean-Baptiste.

Je dois vous faire une confidence. Je suis contre le projet de lien mécanique entre la Basse-Ville et la Haute-Ville de Québec. Pas complètement contre, mais disons que je vois cela comme une « bonne mauvaise idée ».

D’abord, parce qu’on lance le mauvais message. Ce projet contribue au mythe selon lequel les côtes sont un obstacle insurmontable à la pratique du vélo utilitaire. Or, je monte en ville tous les matins et, sur le plan cardio-vasculaire, je n’y vois que des avantages.

Ensuite, parce qu’un lien mécanique coûterait 3 millions de $ au bas mot (c’est ce qui devait être affecté au projet du secteur Dufferin-Montmorency, qui n’a jamais vu le jour). C’est 3 fois les sommes affectées à la mise en œuvre du Plan directeur du réseau cyclable (PDRC) en 2015 !

Enfin, et c’est la raison la plus importante, parce qu’il existe d’autres façons de gravir les côtes sans trop d’efforts. En voici quelques-unes.

1. Prendre l’ascenseur du Faubourg

Ascenseur du Faubourg

Plus d’une centaine de cyclistes empruntent l’ascenseur du Faubourg tous les jours.

Il y a déjà un lien mécanique entre le quartier St-Roch et le faubourg Saint-Jean-Baptiste… et les vélos sont les bienvenus ! Selon Pierre Dusart, le propriétaire du sympathique bistro l’Ascenseur qui occupe le rez-de-chaussée, plus d’une centaine de cyclistes l’emprunteraient tous les jours.

Ceci dit, il faut reconnaître qu’à partir de St-Roch, atteindre l’ascenseur relève du parcours du combattant. Les rues qui y conduisent sont soit trop achalandées (rues Dorchester et Saint-Vallier, qui fusionnent à une centaine de mètres de l’entrée), soit des sens uniques dans la mauvaise direction (rues de la Couronne et Saint-Vallier, lorsqu’on arrive de l’est).

Dans tous les cas, on est contraint de rouler sur le trottoir ou de risquer sa vie dans le trafic. Aussi, avant de rêver d’un nouveau lien mécanique, peut-être devrait-on s’assurer que celui qu’on a déjà est facile d’accès. L’aménagement d’une voie cyclable entre la rivière St-Charles et l’ascenseur, par exemple, serait tout indiqué.

2. Poser des goulottes

Dalots à vélos à l'Université Laval

Escalier avec dalots à vélos sur le campus de l’Université Laval.

L’installation de goulottes ou de « dalots à vélos » dans les escaliers menant à la Haute-Ville est une revendication de longue date des résidents de Saint-Roch et de Saint-Sauveur.

Le document de consultation du Plan de mobilité durable de quartier (PMDQ) du Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur, tout comme le rapport de la consultation publique sur le programme particulier d’urbanisme (PPU) de la partie sud du quartier Saint-Roch, demande l’installation de glissières pour que les bicyclettes puissent être poussées à la main dans les escaliers.

Dans son Plan directeur du réseau cyclable (PDRC) de 2008, la Ville de Québec s’était d’ailleurs engagée à ajouter des dalots dans plusieurs escaliers, dont celui de la Pente-Douce, afin de compléter le maillage du réseau cyclable existant. Mais cette piste d’action est restée sans suite.

L'escalier du Complexe Méduse.

L’escalier du Complexe Méduse où on demande l’installation de goulottes.

Bien que la Vieille-Capitale compte une vingtaine d’escaliers publics, seulement deux, celui reliant le parc Cartier-Roberval et la côte de Cap-Rouge, et celui qu’on vient de construire sur le campus de l’Université Laval (en face de la pyramide) sont munis de dalots.

Depuis, on tente de réanimer le projet. À la demande des AmiEs de la Terre, le Conseil de quartier de St-Roch et la conseillère municipale du Cap-aux-Diamants, Anne Guérette, ont proposé la réalisation d’un projet pilote de dalot à vélo dans l’escalier de la Chapelle (l’escalier du Complexe Méduse). Dans son sommaire décisionnel, la Ville de Québec admet la faisabilité du projet, mais recommande de ne pas y donner suite :

L’analyse tend à montrer que l’implantation de dalots dans l’escalier de la Chapelle pourrait, à première vue, contribuer à faciliter les déplacements des cyclistes entre les quartiers Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste. Nous sommes toutefois d’avis qu’il est prématuré de réaliser un projet pilote dans cet escalier tant que la révision du plan directeur du réseau cyclable n’aura pas été complétée.

Il ne fait aucun doute que certains escaliers ne se prêtent pas à l’installation de dalots. Certains sont trop longs ou comptent trop de paliers, d’autres sont trop abrupts. Malgré tout, plusieurs escaliers s’y prêtent. Qu’est-ce qu’on attend pour passer à l’action ?

3. Porter sa monture

Dans les côtes, il n’y a pas de honte à marcher à côté de son bicycle. C’est une excellente façon de varier l’exercice.

Pour les escaliers les plus abrupts, où l’installation de dalots n’est pas envisageable, le plus simple consiste à porter son vélo à l’épaule. Évidemment, c’est plus facile avec un vélo en aluminium ou en carbone qu’avec un vieux cadre en acier ! À ce jeu, le poids de votre monture prend toute son importance. Dans tous les cas, si vous n’allez pas trop loin, mieux vaut considérer la prochaine option.

4. Se stationner au pied de la falaise

Escalier Badélard - Support a velos

Supports à vélo en bas de l’escalier Badélard.

Vous habitez Limoilou et vous rendez sur la rue St-Jean ? Vous partez de Beauport et travaillez sur la colline parlementaire ? Pourquoi ne pas barrer votre vélo à l’ombre de la falaise et faire le reste du chemin à pied ?

Plusieurs escaliers sont dotés de supports à vélos (voir cette carte). C’est le cas, entre autres, de l’escalier des Franciscains, de l’escalier Colbert, de l’escalier Badélard et de celui des Glacis. Si l’escalier que vous empruntez n’en a pas, demandez à l’arrondissement d’en installer un. À ce titre, l’aménagement de stationnements sécurisés, au pied de la falaise, serait une excellente façon de promouvoir le transport actif à Québec.

5. Sauter dans le bus

À Québec, il est possible de suspendre son vélo à l’avant des métrobus articulés. Si vous vous apprêtez à gravir la côte d’Abraham (sur le trajet du 800 et du 801) ou celle de la Pente-Douce (sur le trajet de la 802), c’est un excellent moyen d’économiser vos forces.

6. S’équiper d’un vélo électrique

Vélos à assistance électrique (VAE) de marque BionX

Les vélos à assistance électrique (VAE) permettent de grimper les côtes sans effort.

Au cours des dernières années, plusieurs entreprises ont mis sur le marché des vélos à assistance électrique (VAE) qui permettent de grimper les côtes sans trop d’efforts. Selon Benoît Harvey, de chez Mathieu Performance, le moteur-roue de BionX permet d’augmenter de 0,3 à 3 fois votre poussée ! En d’autres mots, vous pouvez monter la côte de Salaberry sans transpirer.

Seul obstacle : le prix. Le produit phare de BionX, le Evo e-biker, se détaille 2200 $, alors qu’il faut compter 1800 $ pour convertir son vélo. En France, plusieurs villes subventionnent l’achat de vélos électriques à hauteur de 25%. Imaginez si la Ville de Québec faisait de même ! Avec les 3 millions $, on pourrait subventionner l’achat de 6 000 e-bike ! De quoi faire exploser la part modale du vélo dans la Vieille-Capitale !

7. Pédaler

Côte Badelard.

Une bande de béton jouxte le pavé antique de la côte Badelard, pour faciliter l’ascension.

Bien sûr, rien ne vous empêche de pédaler pour gravir les côtes ! La difficulté, ce n’est pas tant les dénivelés que la circulation et la pollution qu’elle entraîne. On privilégiera donc des côtes tranquilles, où il est possible de rouler dans sa propre voie, à bonne distance des véhicules.

Sur la vingtaine de côtes menant à la Haute-Ville, quatre (bientôt cinq) sont aménagées pour les cyclistes. La piste cyclable de la côte du Versant-Nord, qui s’étire sur 2 km, la côte formée par la Pente-Douce et l’avenue Calixa-Lavallée, qui commence par une bande cyclable et se termine en queue de poisson (une chaussée désignée qui nous force à rouler dans la zone d’emportiérage au plus fort de l’ascension), la côte Ross, qui est fermée à la circulation, et la côte Badelard, qui serpente dans la falaise. Enfin, on attend avec impatience l’ouverture d’un sentier cyclo-pédestre parallèle à la côte Gilmour, dont les travaux devraient s’achever cet automne.

6 réflexions sur “7 façons de monter en ville à vélo

  1. Bien dit Éric Martin, merci. Oui ceci serais un excelent article mais il est seulement bon a cause de se point pas négligable et je rajouterais un autre point que je pense pas négligeable que Éric a flirter. Il parle des parent je rajoute monoparental car ça ajoute la penser au jeune femmes qui on un boulot déja ardue d’élever un ou plus gosses et que pour elles/eux monter en haute ville est tout simplement trop. A cette idée je rajoute la ville cyclist ou cyclable que on aimerais avoir à Québec, bin dans cette ville cyclable, la plupart des transport lourds sont faite par gravité de haut en bas a vélo et les liens mécanique serve a remonter les vélos avec remorques ou trois roues qui monte dificilement ou pas du tout, surtout que ceux qui travail avec une remorque bin elles/ils travail déja et n’on pas besoin des cardio dont on parle dans l’article. Ces citoyens on besoin de temps de repos qui se passerais dans ces liens mécaniques éssentiel a la ville cyclable qui as des côtes come Québec et Sherbrooke.
    On se rapelle par exemple le bord de la rivière St Charles quand les rives était bétonné la piste cyclable était vraiment sans côte ni détour touristique ou estéthique. Maintenant, utiliser cette piste, avec une remorque chargé devient très dificile a cause des côtes qui on été construite par des automobilists designeurs de piste cyclable:-( dailleurs c’est la que le mouvement cyclists devrais ou pourais mettre de l’énergie, S’éduques a être ingenieurs designeur et paveurs de pists cyclable pour enlever cette tâches désagréable pour un automobilis, mais des plus grand bonheurs pour des cyclists:-) mr. Desrivière (directeur des transport a la ville de Québec) a été éduquer par les constructeur d’autoroute pour automobile et maintenant on (cyclists forcer a prendre l’automobile par les infrastructures anti vélo, construite par les lobbies des chars) est souvent pris dans un bouchons d’automobiles stationer sur ces monstre d’autoroute malsaine. (un pti pitch pour le film Vélo versus l’automobile:-) D’ailleurs pour bien « dévoiller cette roue » C’est claire que la voie cyclable sur Père-Marquette as été designer par des lobies automobilis avec tout ces arrêts et ces détours hahaha! mais c’est vraiment pas drôle…
    L’article parle du montant pharamineux nécésaire pour manifester un liens mécanique mais ne dit pas que on aurais pus en construire plus que assez just avec la fortune que as couter la destructions des bretelles. On as pas un manque d’argent mais on as un manque de volonter politique par l’administration Labaume qui refuse de faire autre chose que de jouez au hockey ou autre sport publicitaire au lieu de s’occuper des besoins éssentiel en transport, éducation, pauvreté ect. de la ville de Québec. Ça aussi c’est drôle mais d’un drôle jaunatre:-) On as télement d’argent que on la donne en grande quantité a tout les jours au ami/es derrier les portes fermé des politicien/nes. just un ptit exemple est la gross boule blanche sans fenêtres qui s’élève maintenant dans le ciel d’expo cité entourer d’une infrastructure a bouchons d’automobilis. Pour bien comprendre il faut prendre la pists cyclable qui traverse les chemins de fer au nord de la balloon a Labaum, une vraI farce en matiere de transport urbain.
    « Mon point est qu’il faut cesser de présenter les côtes comme un obstacle insurmontable à la pratique du vélo à Québec » mais come une bénédiction pour une ville sans voiture. Beaucoups de solutions existe mais nous devons encourager les gens qui les connaise a les exprimer et les agrandire et finalement de les manifester. Avec le mois des transport alternatif il sera temps des les mettre de l’avant. Donner des vélos sans pédal a tout les bébés pour que ils puisse sens servire come béquille pour leurs premier pas. Surtout ne leurs dites pas quoi faire avec ou de le faire car ils le save déjà:-) Bon mois du vélo a toutes.

  2. Bonjour,

    J’aimerais répondre à ce commentaire : « Je suis contre le projet de lien mécanique entre la Basse-Ville et la Haute-Ville de Québec. Pas complètement contre, mais disons que je vois cela comme une « bonne mauvaise idée ». D’abord, parce qu’on lance le mauvais message. Ce projet contribue au mythe selon lequel les côtes sont un obstacle insurmontable à la pratique du vélo utilitaire. »

    En fait, vous semblez partir de la prémisse qu’un projet de lien mécanique répondrait uniquement au besoin des cyclistes. Cependant, j’aimerais porter à votre attention, qu’une telle infrastructure répondrait également au besoin d’autres utilisateurs, tels que les familles avec jeunes enfants ou avec des poussettes ainsi que les personnes à mobilité réduites.

    Si l’on considère l’ensemble des usagers potentiels qu’une telle infrastructure pourrait desservir, il serait opportun d’analyser le lieu idéal pour l’aménager afin de desservir le maximum d’usagers. À cet effet, le secteur Ouest de la Basse-Ville (quartier Saint-Sauveur) apparait le plus approprié, étant donné que Saint-Roch est déjà équipé de l’escalier du Faubourg.

    Merci de votre contribution,

    Éric Martin

    • Vous soulevez un point important. Pour les piétons et, à plus forte raison, pour les personnes à mobilité réduite, l’aménagement d’un ascenseur entre le quartier St-Sauveur et Montcalm fait beaucoup de sens. Mes réserves, vous l’avez noté, se situent au niveau de la conception d’un lien mécanique comme une solution à la mobilité des cyclistes. Mon point est qu’il faut cesser de présenter les côtes comme un obstacle insurmontable à la pratique du vélo à Québec. D’autres solutions existent.

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