Vision des déplacements à vélo : la carte enfin dévoilée

Carte des voies cyclables projetées (en rouge) et du réseau existant (en vert).

Carte de la Vision des déplacements à vélo.

La Ville de Québec vient de dévoiler sa Vision des déplacements à vélo à l’horizon 2021. Le document comprend 66 projets prioritaires à réaliser au cours des cinq prochaines années. Contrairement à ce qu’ont rapporté plusieurs médias, ce n’est pas 100 km mais bien 90 km de voies cyclables qui doivent être ajoutés au réseau.

Velurbanisme.com a obtenu la carte des projets prioritaires (ci-contre). Pour vous permettre de l’analyser plus en détail, nous l’avons reproduite dans Google Maps (ci-dessous). D’ici 2021, le réseau cyclable devrait croître de 30% pour atteindre 397 km. Ce n’est pas négligeable ! Signe que, cette fois-ci, on n’entend pas lésiner, on a déjà implanté 2 km sur les 90 km promis.

En comparaison, le PDRC de 2008 identifiait une série de mesures dont l’ajout de 337 km de voies cyclables, mais seulement 41 km ont été complétés. L’objectif de la Vision des déplacements à vélo est donc plus modeste, mais l’engagement de l’administration semble plus ferme. Pour preuve, le comité exécutif vient de confirmer son intention de tripler les sommes consacrées au réseau cyclable en 2016 et de reconduire cet investissement en 2017 et 2018. C’est donc 9 millions $ qui seront consacrés au développement du réseau cyclable au cours des 3 prochaines années.

Malgré tout, ces investissements pourraient s’avérer insuffisants. Pour compléter ses 66 projets prioritaires, la Ville de Québec devra aménager 18 km de voies cyclables chaque année. Or, l’an dernier, elle a ajouté 2,7 km à son réseau avec un budget de 1 million $. Pour réaliser sa vision, elle devra donc faire 7 fois plus avec le triple du budget. Cela nous donne une idée des défis à venir.

Carte du réseau cyclable projeté

Ce que confirme l’annonce de mardi, c’est que la Ville de Québec ne fait plus cavalier seul. On est à l’écoute des usagers du réseau et leurs avis sont pris en compte dans sa planification. À ce titre, la plupart des dossiers que nous avons portés au cours des dernières années figurent parmi les 66 projets prioritaires :

  • la mise à niveau de la bande cyclable bidirectionnelle de la 8e Avenue qui, on l’espère, sera transformée en piste cyclable en site propre ;
  • la création d’une continuité cyclable sur le chemin de la Canardière, entre la 8e Avenue et la Plaza Limoilou ;
  • l’implantation d’une bande cyclable sur la 3e Avenue, entre la 14e Rue et la rivière St-Charles  (merci à Raphaël Désilet et Marc-Antoine Viel qui ont fait cheminer cette idée) ;
  • le prolongement de la bande cyclable de la 3e Avenue Ouest, dans Charlesbourg, jusqu’à la rue Soumande via la rue du Colisée (un projet que le conseil de quartier de Lairet a porté à bout de bras) ;
  • et l’aménagement d’une voie cyclable dans la côte à Gignac (entre le Chemin du Foulon et le Chemin Saint-Louis).

Plusieurs des propositions que vous avez formulées sur la carte des parcours et intersections problématiques ont également été retenues. C’est le cas de l’aménagement d’une voie cyclable sur la rue de la Faune (proposé par Jean Flamand et Richard Guimont) et du prolongement de la piste cyclable de la 76e Rue entre la 3e Avenue et le campus Charlesbourg du Cégep de Limoilou (proposé par Jean Gagné). Merci !

Autre bonne nouvelle, le Bureau du transport s’est fait à l’idée qu’il faudrait parfois sacrifier des stationnements ou des voies de circulation pour favoriser le transport actif. Deux projets pilotes devraient être mis en œuvre dès l’été prochain, le premier sur la rue Montmagny, dans St-Sauveur, le second sur la rue du Roi, dans St-Roch. C’est un pas dans la bonne direction.

Les cyclistes nordiques ne sont pas en reste ! La Ville de Québec s’est engagée à débuter la saison plus tôt au printemps et à la prolonger aussi longtemps que possible en hiver. Certes, ce n’est pas demain la veille qu’on va déneiger l’ensemble du réseau cyclable, mais on fait maintenant partie de la réflexion. À partir d’ici, c’est à nous de démontrer que le déneigement des pistes fera boule de neige.

Je suis convaincu que les cyclistes doivent jouer un rôle de premier plan pour la mise en œuvre intégrale de la Vision des déplacements à vélo. Mon collègue Étienne Grantmont, d’Accès transports viables, a identifié 3 facteurs de succès : le financement, la volonté politique et le suivi. J’en ajouterais un quatrième : notre capacité collective à démontrer les retombées positives des investissements dans le réseau cyclable.

6 réflexions sur “Vision des déplacements à vélo : la carte enfin dévoilée

  1. Je constate que la portion du boulevard du Parc Technologique entre le boulevard Hamel et la piste existante fait partie des plans. Ayant à me déplacer à pied sur cette portion du boulevard lorsque je prend l’autobus pour aller travailler (l’arrêt le plus proche est à l’angle Louis-Lumière / Einstein ou sur Jacques-Crépault), j’aimerais bien au moins un trottoir ou une piste. L’hiver, avec la neige, la portion « sécuritaire » pour y circuler est quasi-nulle. Bonne nouvelle!

  2. Qu’est-ce qui s’est passé à l’idée que le corridor cyclable Père-Marquette (le vélo boulevard) passe dans Saint-Jean-Baptiste? Ce corridor n’a jamais été complété. Encore pas de marquage au sol. Ceux qui essaie de le suivre qui viennent de l’extérieur de la ville se perdent systématiquement.

    • Il reste beaucoup de travail à faire pour créer une véritable continuité cyclable entre St-Jean-Baptiste et l’Université Laval via le vélo-boulevard. Malheureusement, la Vision des déplacements à vélo ne prévoit pas son prolongement dans St-Jean-Baptiste. On envisage toutefois la création d’un axe nord-sud entre la Côte Badelard et l’ avenue Turnbull.

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