Un collectif réclame plus d’espace pour les vélos sur la 3e Avenue

Un cycliste dévie de sa trajectoire pour éviter une portière.

Un cycliste dévie de sa trajectoire pour éviter une portière.

À peine quelques jours après l’inauguration de l’axe cyclable de la 3e Avenue et de la rue du Pont, des voix s’élèvent pour réclamer… encore plus d’espace pour les vélos !

Comme plusieurs l’ont remarqué, les stationnements parallèles et les bandes cyclables de la 3e Avenue sont trop étroits, si bien que la seule façon de rouler à l’extérieur de la zone d’ouverture des portières consiste à rouler sur la ligne blanche plutôt que dans la bande cyclable.

Dans une lettre rédigée par l’économiste Stéphane Bergeron et signée par une vingtaine de cyclistes, d’automobilistes et de résidents de Limoilou, le collectif invite la Ville de Québec à réduire la voie de circulation automobile à 2,7 mètres, ce qui laisserait 2,1 m (au lieu de 2 m) pour les stationnements latéraux et 1,9 m (au lieu de 1,5 m) pour les bandes cyclables. Avec leur permission, nous l’avons reproduite ici.

Nous tenons à féliciter la Ville de Québec pour son initiative visant à faire plus d’espace pour les cyclistes avec l’aménagement d’une voie cyclable sur la 3e Avenue et sur la rue du Pont. Le segment sur la rue du Pont est réussi et un bel ajout au réseau cyclable de Québec. Cependant, nous ne pouvons pas nous réjouir des installations sur la 3e Avenue, car le tracé actuel est inférieur aux normes minimales suggérées par Vélo Québec et incite un comportement qui met en danger les usagers.

L’emportiérage est un danger causant de graves blessures et peut être mortel lorsque le cycliste est projeté dans la voie de circulation automobile. À Montréal il y a eu 137 cas d’emportiérages rapportés en 2015. … Les distances suggérées par Vélo Québec sont des seuils minimums pour assurer la sécurité, chaque centimètre compte, car il suffit que le guidon soit accroché par la portière pour projeter le cycliste dans la circulation.

 

Étant donné que la voie cyclable risque d’attirer une plus grande circulation de cycliste ; que le tracé actuel place ces usagers directement dans la zone d’emportiérage ; que le tracé actuel ne respecte pas les dimensions minimales suggérées par Vélo Québec et National Association of City Transportation Officials (NACTO), nous croyons que cette voie cyclable pourrait être directement la cause d’incidents causant de graves blessures et potentiellement, mettre des vies en danger. Bien entendu, un aménagement respectant les normes ne peut pas empêcher tous les cas d’emportiérage, mais la Ville de Québec doit éviter de mettre en place des aménagements pouvant être la cause d’accidents. Nous demandons donc que la ville corrige son initiative.

Comme cyclistes, automobilistes et/ou résident de Limoilou, nous demandons que les voies de circulation automobile de la 3e Avenue soient réduites à 2,7 mètres, ce qui laisserait 2,1 mètres pour les stationnements latéraux et 1,9 mètre pour les bandes cyclables. Cela permettrait aux cyclistes, même les moins expérimentés, de rouler en sécurité, loin de la zone d’emportiérage, sans nuire à la circulation automobile.

Nous invitons la Ville de Québec à agir rapidement, car les délais dans ces corrections représentent un danger supplémentaire pour les usagers les plus vulnérables.

Avec la collaboration de Stéphane Bergeron et Jean-Philippe Hernandiz.

Une réflexion sur “Un collectif réclame plus d’espace pour les vélos sur la 3e Avenue

  1. « […] si bien que la seule façon de rouler à l’extérieur de la zone d’ouverture des portières consiste à rouler sur la ligne blanche […] »

    À en juger par la photo, on pourrait même être tenté de dire que la seule façon de rouler à l’extérieur de la zone dangereuse est de rouler carrément à l’extérieur de la bande cyclable.
    D’autant plus que certains autres véhicules ont une plus grande largeur et aussi des portières avec une plus ample ouverture de portière encore.

    Il faut se rappeler qu’il suffit seulement que le bout du guidon soit accroché par une portière pour que le cycliste soit carrément éjecté de son vélo et propulsé directement vers le centre de la chaussée, sur la trajectoire des véhicules venant de l’arrière.

    De plus, même si une portière s’ouvre devant un cycliste à distance « de frôlement » (sans le toucher), celui-ci risque fortement de louvoyer brusquement vers la gauche par réflexe. Cet écart brusque l’exposera à une collision par des véhicules venant de l’arrière. Il faut donc ajouter une distance de marge de manoeuvre supplémentaire à la largeur même des portières.

    Toutes ces raisons font que pour faire cohabiter sécuritairement un stationnement sur rue et une voie cyclable, ça prend énormément d’espace.
    Une largeur de stationnement de 2,1 mètres et une bande cyclable de 1,9 mètres peuvent sembler beaucoup de prime abord, mais ce serait même un peu juste pour être réellement sécuritaire.

    D’autre part, le marquage d’une zone tampon sur la chaussée serait vraiment une bonne idée, je crois. Ça encouragerait les automobilistes à stationner le plus possible à droite tout en décourageant les cyclistes de rouler dans la zone la plus risquée.

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